LE VEUVAGE A KINSHASA

L’étude réalisée par MRA Consulting révèle que le veuvage est en pleine croissance à Kinshasa. Ce qui revient à dire que de plus en plus des femmes sont confrontées à vivre la triste expérience du décès de leurs maris.

Au départ l’homme étant le chef de la famille, il lui incombait la responsabilité de prendre soin de sa famille. Ces femmes bénéficiaient donc d’un support indéfectible tant qu’elles vivaient auprès de leurs maris. Malheureusement, face à la dure réalité de la mort, des nombreuses femmes se voient privées non seulement de l’amour de leurs maris, mais aussi de tous les privilèges dont elles jouissaient en tant qu’épouses.

Etant donné que la quasi-totalité des défunts maris ne laissent pas de testaments légalisés, la veuve est obligée de se plier à un consensus familial pris à l’amiable, lui réservant avec ses enfants 50% des biens pour la plupart immobilier, et laissant le reste à sa belle-famille. C’est ici que la bataille de la vie commence, on remarque très vite des changements dans le quotidien de ces femmes.

Soulignons cependant une caractéristique naturelle qui englobe 66% des femmes veuves, c’est leur esprit d’indépendance. Après avoir passé cette épreuve de la perte du mari, la veuve apprend à devenir indépendante ne pouvant plus compter sur le soutien de ce dernier. Elle prend donc les rênes de la maison et se verse dans une activité qui va lui permettre d’assurer sa survie et celle de ses enfants, voire même de petits enfants.

Nous retrouvons dans ce lot des veuves, près des ¾ de femmes, dont l’âge va au-delà de 60 ans, qui ont cumulé une expérience de veuvage de plus de 20 ans après le décès de leurs maris. L’étude revèle qu’elles  sont celles qui affichent moyennement une certaine aisance socio-économique par rapport aux autres catégories d’âge. Ceci se justifie du fait que 62% d’entre elles sont propriétaires de leurs habitations, et peuvent aussi compter sur l’aide qu’elles reçoivent de leurs enfants qui sont déjà responsables.

À en juger de ce qui précède, il s’avère que l’expérience du veuvage ou la durée du veuvage est un élément constructeur (addictif) à la stabilité apparente tant socio-économique que morale de la veuve.

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