Insights & Recherche18 février 2026

Télécoms Afrique centrale : la data mobile rebat les cartes

ARPU, pénétration smartphone, mobile money, premières expérimentations 5G : photographie du marché à fin 2025 et perspectives 2026.

Par Grace MwambaExpert Data

Utilisateur de smartphone et services mobiles en Afrique

Le marché télécom d'Afrique centrale (RDC, Congo-Brazzaville, Cameroun, Gabon, Tchad, RCA) a basculé : la data mobile représente désormais 62 % de l'ARPU moyen, contre 41 % en 2022. La voix recule, le smartphone s'impose, et le mobile money devient l'infrastructure financière de facto.

Les chiffres clés à fin 2025

  • 114 millions d'abonnés mobiles uniques dans la zone (+7,3 % YoY)
  • 54 % de pénétration smartphone (vs 38 % en 2022)
  • 62 % de l'ARPU généré par la data
  • 3,2 USD ARPU moyen mensuel (stable en USD, en hausse en monnaie locale)
  • 89 % de couverture 4G en zones urbaines, 34 % en zones rurales

Le smartphone, vrai pivot

La baisse du prix d'entrée (smartphones < 50 USD) et l'arrivée des financements opérateur ont fait sauter le verrou. Conséquence : la consommation moyenne data passe de 1,8 Go/mois à 4,1 Go/mois en deux ans. Les usages dominants restent WhatsApp, Facebook, vidéo courte et streaming musical.

Mobile money : l'infrastructure financière

Avec 57 millions de comptes actifs dans la zone, le mobile money pèse désormais plus que les comptes bancaires traditionnels. Trois évolutions à surveiller :

  • Interopérabilité inter-opérateurs (déjà effective en RDC, Cameroun)
  • Crédit court terme adossé au scoring transactionnel
  • Intégration aux marketplaces et plateformes B2B

5G : les premiers pilotes urbains

Vodacom, Orange et MTN ont lancé des poches 5G à Kinshasa, Yaoundé, Douala et Libreville. Cas d'usage prioritaires : entreprises (FWA), événementiel, premiers tests industriels. Le grand public restera massivement 4G+ jusqu'en 2027 au moins.

Ce qui va dominer 2026

  1. La consolidation tower companies (mutualisation des sites)
  2. L'expansion fibre métropolitaine (B2B, datacenters)
  3. La régulation du mobile money (KYC renforcé, plafonds, fiscalité)
  4. L'émergence de MVNO sectoriels (logistique, santé)
« On ne vend plus des minutes, on vend de la donnée et un compte de paiement. Le métier d'opérateur a changé. » — DG, opérateur tier-1, Afrique centrale.